L’upcycling, la mode en version slow

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Photo : Andrea Crews printemps-été 2018

L’upcycling, ou surcycling en français, s’inscrit dans une démarche large, qui touche à peu près tous les pans de la société : l’économie circulaire et le développement durable. L’upcycling permet de créer des vêtements neufs en réutilisant des vêtements et des tissus existants. Make It Happen vous invite à découvrir ce mouvement créatif, qui s’installe peu à peu en France.

L’upcycling, une mode plutôt haut de gamme

Même si la fripe et l’upcycling se côtoient, il y a un monde entre les deux, les vêtements upcyclés étant beaucoup plus chers que ceux proposés dans les friperies, ou dans les autres circuits de distribution du vintage. Le préfixe “up” traduit d’ailleurs bien l’idée de valorisation du produit final. Le produit fini n’a pas l’aspect d’un vêtement ou d’un accessoire bas de gamme, mais celui d’une pièce unique, ou produite en série très limitée. La créativité est le moteur de l’upcycling, car il ne s’agit pas de réparer un produit existant, mais de le réemployer pour créer quelque chose de tout à fait nouveau. Les créateurs pratiquant l’upcycling ne puisent d’ailleurs pas leurs matières premières uniquement chez les fripiers, ils utilisent également des tissus vintage, des matériaux issus de la surproduction ou du linge de maison. C’est parfois un moyen de réutiliser des trésors oubliés, des matières de grande qualité, souvent produites en France.

Les créateurs et l’upcycling

L’idée de faire du neuf avec du vieux n’est pas vraiment nouvelle. L’un des précurseurs dans ce domaine est le créateur belge Martin Margiela. En 1989, lors de son premier défilé, le couturier présentait déjà des vêtements réalisés à partir de pièces existantes retravaillées. Il s’inscrivait alors dans une démarche militante, une mode conceptuelle rompant de manière radicale avec les codes en vigueur. Sa démarche était politique et militante, alors que les objectifs visés par les créateurs d’aujourd’hui sont, avant tout, orientés vers l’écologie et la mode circulaire. Parmi les jeunes créateurs s’intéressant à l’upcycling, Marine SERRE, lauréate du prix LVMH 2017, est une figure de proue. L’upcycling occupe une place importante dans sa production ; près d’un tiers des vêtements de sa première collection étaient upcyclés, la seconde en comportait presque la moitié.

L’upcycling en France et à l’étranger

En France, pays de la mode et du luxe, l’upcycling avance à pas feutrés. Il demeure beaucoup plus développé à l’étranger, surtout dans les pays anglo-saxons, comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. Il paraît peut-être difficile pour l’industrie du luxe de créer à partir de matières qui ne sont pas neuves. Pourtant, le caractère unique de ces pièces upcyclées en fait des pièces luxueuses par essence. En effet, le luxe n’est-il pas synonyme de produit rare et de pièces exclusives ? Si l’on suit cette logique, le vêtement, ou l’accessoire upcyclé, est bel et bien un produit luxueux, et son environnement de production, une nouvelle voie de recherche et de créativité pour un secteur dont le pire ennemi est la banalisation.

 

 

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